Forêt enchantée
- Prysk'Art

- 7 févr. 2021
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 sept. 2021
Lors d'une nuit noire d'automne, loin de la lumière des humains et des villages, une forêt allait accueillir un événement surnaturel. Dans un coin sombre de cette dernière, aux pieds d'arbres morts et du brouillard, une petite boule de lumière immobile sortit de terre et prit vie. On ne savait point d'où elle venait ou de quoi, mais elle était là, par terre, sur le sol humide désormais. Au pied des racines qui s'entremêlaient, la petite lueur commença à doucement bouger, à grossir, encore et encore jusqu'à former une boule noir et brillante comme le ciel de cette nuit brumeuse, jusqu'à ce qu'elle atteigne sa forme définitive. La forêt venait d'accueillir un petit être de lumière, à l'apparence d'un chat, ayant le pelage d'une galaxie.

La boule de poil ouvrit les yeux pour la toute première fois. Un regard qui dégageait à la fois le néant comme la vie, un regard si profond et à la fois si vide, un regard divisé en deux. Un œil sombre comme une nuit révélant le deuil du monde, le second révélant comme un feu crépitant synonyme de joie et de vie. De ces yeux vairons, le petit être s’éveilla doucement, le vent soufflait dans son pelage étoilé. De longs poils noirs allant du bout de ces longues oreilles, parsemées d’étoiles éclatantes, jusqu’à sa queue aussi longue et volumineuse qu’une robe de mariée trainant sur le sol.
Le ciel noir s’éclaircit et fit apparaitre une lumière venant tout droit de la lune. Le jeune félin leva ces yeux vers elle et l’entendit l’appeler. Il se redressa, regardant tout autour de lui et fit ces premiers pas aussi naturellement que l’eau traversant un ruisseau. Aucuns tremblements, aucunes hésitations, au fur et à mesure de ces pas, il accéléra à travers la forêt, se laissant guider naturellement. Racines, roches, troncs il se faufilait aussi vite que le vent traversant sa fourrure, jusqu’à le mener au plus haut de la colline.
Une fois au sommet, il ralentit jusqu’à arriver au bord du précipice. Il redressa la tête vers la lune. Elle était pleine et légèrement rosée. Le vent souffla un grand coup, on pouvait entendre les branches des arbres claquer entre elles. Un bref silence s’installa avant que le vent reprenne place à travers la forêt. Une douce voix venant de la lune annonça au chaton :
« - C'est décidé, je vais t'appeler 𝙊𝙠u𝙪𝙝 »

« - Ok… Oku… OKU - UUH ? Balbutia le jeune chat.
Les yeux levés vers la lune rose à essayer de prononcer ces premiers mots, il se mit en mouvement à force de cogiter. Bien qu’il ait un œil sombre comme les ténèbres et l’autre brillant comme un soleil, son regard était à couper le souffle, même pour le satellite rose. Après un instant d'émerveillement, la lune se racla la gorge et repris :
- Mmh.. Tu as beau être plutôt adroit de tes pattes, ce n’est pas encore ça niveau langage. Mon jeune ami, le nom que je t’ai donné se prononce ainsi : O – KOU – OU
- O..kou..ou … Okou ou… 𝙊ku𝙪𝙝 ! se rendant compte qu’il avait réussi à prononcer son prénom, le chaton sauta de joie. De plus en plus haut, de plus en plus confiant, jusqu’au moment où …
- ATTENTION ! Lui cria la lune.
Mais il était déjà trop tard. Un des sauts d’𝙊𝙠u𝙪𝙝 lui fit perdre l’équilibre et il glissa dans le précipice. La lune ferma les yeux en imaginant l’état dans lequel finirait le jeune chat. Il dévala la colline tel une boule de neige durant une avalanche, entrainant avec lui cailloux, rochers et branches, jusqu’à arriver au pied de la colline. N’entendant plus un bruit à travers la forêt, la lune ouvrit un œil pour découvrir l’état de son petit protégé. Blanchie de peur, elle s’exclama avec un ton autoritaire :
- Tu es plus résistant que je ne pouvais l’imaginer, chaton … Mais fais donc attention ! N’oublie pas que tu viens de naître après tout ! Tes pas peuvent être encore incohérent !
Effectivement, 𝙊𝙠u𝙪𝙝 n’avait que de simples petites égratignures malgré la longue chute qu’il venait de faire. Il secoua la tête pour reprendre ses esprits, s’assit et regarda la lune à travers les arbres qui encombraient désormais sa vue maintenant qu’il était à plusieurs mètres en dessous. Après avoir fait entendre son inquiétude caché derrière un grognement, la pleine lune rose repris sur un ton beaucoup plus sérieux :
- Jeune matou, je vais te compter ton histoire et ta destinée :
Les petits êtres de lumières comme toi prennent diverses formes, ils sont tous très différents les uns des autres, mais tous on le même objectif : trouver leur 𝑶𝒘𝒉𝒂 !
Les 𝑶𝒘𝒉𝒂 sont des êtres liés par deux âmes et cela dès leurs naissances. Ils sont complémentaires et ne peuvent vivre longtemps l’un sans l’autre. Ayant une intelligence supérieure à la naissance comparé à ces êtres qu’accueil cette terre, c’est à toi de parcourir le monde afin de le trouver, tel un arbre ayant besoin de terre pour se poser, d’eau pour se nourrir et de soleil pour grandir. Si tu es venu à la vie, c’est grâce à cet 𝑶𝒘𝒉𝒂 à qui tu es désormais lié. Je t’expliquerai tout en détail au fur et à mesure des années. Quand ? Eh bien, dans 20 lunes roses, soit 20 ans en âge terrestre et donc mes 20 prochaines apparitions. Cela te paraît long ? Mais crois moi mon jeune ami, tu vas avoir du travail avant de pouvoir te présenter à ton 𝑶𝒘𝒉𝒂, il faut prendre des forces et grandir pour devenir fort pour le jour où tu le rencontrera. ! Je sais que tu ne peux pas encore parler correctement, mais ne t’inquiète pas, je serai là pour te guider, grâce à ceci...»
𝙊𝙠u𝙪𝙝 senti une sensation chaude sur son front. Il commença à se frotter la tête avec la patte un moment, jusqu’à se que cela s’apaise. Une empreinte lumineuse fit son apparition à l’endroit même de la chaleur ressentit : une demi lune horizontale s’incrusta à travers le pelage galactique du jeune chat.

L’empreinte lumineuse sur son front était une partie de la lune rose, qui lui servirait à contacter le jeune félin, mais aussi à voir ce qu’il pourrait se passer durant son périple. Une fois l’incrustation de la lune terminée, le jeune chat perdit connaissance, et s’écroula.
Un nouveau jour se leva sur un magnifique paysage, dévoilé par les rayons du soleil. La forêt qui semblait être composée d’arbres morts la nuit, était en fait une composition d’arbres d’automnes, entourés de couleurs flamboyantes. Des feuilles de toutes les couleurs rendaient la forêt comme un endroit féérique sorti d'un livre. Des petites bêtes bien surprenantes firent leurs apparition, maintenant que la journée commençait : les oiseaux chantaient, un vent léger chatouillait les herbes et les branches de la forêt, des insectes butinaient de drôle de fleur, le peuple de la forêt venait se désaltérer auprès de la rivière, et il avait aussi … 𝙊𝙠u𝙪𝙝. Il était également à côté du cours d’eau, encore endormi.
Une famille de hérissons passait par là et vit la boule de poils noirs. Les petits hérissons étaient curieux de savoir quelle était cette boule pelucheuse. Ne l’ayant jamais vu dans le secteur, le papa hérisson devança ses petits et sa compagne, allant vérifier ce qu’il en était et commença à renifler le jeune chat. Il se réveilla doucement, encore engourdi de la veille, essayant de se rappeler ce qu’il s’était passé. Il remarqua alors qu’il était près d’un point d’eau et se demanda comment il était arrivé jusqu’ ici. Tout était encore bien flou. Il regarda un peu plus autour de lui et admira ce magnifique décor orangé d’automne. Puis soudain, il sursauta ! 𝙊𝙠u𝙪𝙝 venait enfin de se rendre compte qu’il n’était pas seul. Il voulut se redresser mais malheureusement ses pattes étaient encore engourdies et s’effondra. Instinctivement, il se mit à montrer les crocs et les griffes. Puis, il se rendit compte que c’était une famille de « boule à pics » qui étaient plus terrorisés que lui. Le papa hérisson avait fait un bond en arrière, face au félin, pics dressés. Il donnait l’impression d’être trois fois plus gros. 𝙊𝙠u𝙪𝙝 rangea ses griffes et crocs et, tout en restant dans sa position, fit en sorte de leur faire comprendre qu’il ne leur voulait aucun mal et qu’il avait juste été surpris.
Les tensions s’estompèrent enfin. A son tour, le jeune chat, se retourna comme il pouvait malgré ses engourdissements, puis présenta son museau pour faire connaissance et sentir l’odeur de ces « boules à pics » , car n’oublions pas que notre jeune matou faisait sa première rencontre en dehors de son ami la lune. La petite famille et 𝙊𝙠u𝙪𝙝 partagèrent un moment calme et convivial auprès de la rivière. Les hérissons se mirent à faire leur toilette et à se restaurer de petites larves et autres insectes dans le sol et sur le rivage. Le jeune chat voulu faire de même. Il put enfin se lever, malgré ses pattes encore légèrement engourdies, et donna des petits coups de pattes dans l’eau pour essayer d’attraper lui aussi quelque chose mais visant un peu plus gros que des larves. Mais ce qui devait arriver arriva. Il glissa et tomba dans l’eau, éclaboussant la famille hérisson, et bien que l’eau n’était pas très profonde à cet endroit, il revint avec difficulté à la surface, les yeux écarquillés.
Après un moment de silence, 𝙊𝙠u𝙪𝙝 s’écria :
« - EAAAU ! ♥ »
Notre félin au pelage galactique venait non seulement de prononcer son deuxième mot mais également de découvrir qu’il adorait être dans l’eau. Il pataugea, but la tasse, et s’amusa avec les petits hérissons restés sur le rivage, les parents amusaient de la situation. Quand soudain, son croissant de lune se mit à scintiller.


( à suivre ... ♥ )

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